
Le dernier bilan du baromètre de l’Adème concernant les Français et les énergies renouvelables souligne que 97 % d’entre eux sont favorables à leur développement. A noter la stabilité de ce chiffre depuis quatre ans. Quand on demande aux Français de mentionner une EnR, sont en priorité plébiscités le solaire (68 %) et l’éolien (57 %), perçus comme respectueux de l’environnement. Viennent ensuite les énergies géothermique et hydraulique, citées respectivement par 31 et 22 % des répondants. Quant à la biomasse, moins reconnue, elle n’est nommée que par 18 % des personnes interrogées. De façon plus générale, toutes les EnR bénéficient d’une notoriété élevée. Le solaire est incontestablement l’énergie qui a le plus la cote ; la plus économique à produire, la moins polluante, la moins dangereuse, la plus moderne, plus de 90 % des Français interrogés sont favorables à sa mise en place, que ce soit pour les bâtiments publics ou privés.
A l’occasion de son colloque annuel le 19 janvier dernier, le Syndicat des énergies renouvelables (Ser) a publié un bilan à fin 2009 des objectifs de la France en matière d’EnR. Cela n’est pas un scoop : il reste encore du chemin à parcourir pour les dix ans qui viennent. Car, même si la consommation finale d’EnR a progressé de 4 Mtep en quatre ans (soit 20 Mtep à fin 2009), le rythme de croissance est encore insuffisant pour atteindre les objectifs de l’Europe repris par le Grenelle de l’Environnement. Si ce rythme continue ainsi, la France consommera 31 Mtep d’EnR en 2020 alors que l’objectif fixé est de 36 Mtep. « Nous nous situerions donc à 85 % de l’objectif », soulignent les auteurs du rapport.
Certes beaucoup de choses sont amorcées qui n’ont pas encore de résultats car trop récentes, notamment en matière de chaleur renouvelable (Fonds Chaleur, crédits d’impôt, Eco-PTZ…). Mais, dans ce domaine, la plupart des filières accuse un retard certain : c’est le cas de la filière Bois & Déchets (collectif, tertiaire, industriel) avec 2,8 Mtep contre 9 prévus et de l’ensemble Solaire thermique, Pac et Géothermie : 0,8 Mtep contre 3,2 prévus. Au total, on est à 11 Mtep en chaleur à fin 2009, contre 19 prévus en 2020.
Côté électricité renouvelable, « notre pays a raté le rendez-vous de 2010 que nous avait fixé la directive de 2001 », à savoir 21 % de notre consommation d’électricité en 2010. Nous en sommes à 15,4 %. Mais les auteurs du bilan restent optimistes : « là encore, la mise en œuvre de mesures ou leur réaffirmation devrait nous permettre de développer plus fortement la production de nos filières ». En attendant, les chiffres sont là : la biomasse atteint 0,4 Mtep contre 1,4 prévus. Le photovoltaïque, qui a décollé grâce au tarif d’achat de juillet 2006, atteint 0,02 Mtep (230 MW) contre 0,4 prévus (5 400 MW). Mais le nouvel arrêté du 12 janvier a installé un doute au sein de la profession. Enfin, l’éolien atteint 0,7 Mtep (4 500 MW) contre 5 prévus pour 2020 (25 000 MW). Les auteurs tablent sur l’accélération des schémas régionaux et sur l’appel d’offres de 6 000 MW pour l’éolien off-shore. Seul le parc hydroélectrique (5,3 Mtep fin 2009) pourrait augmenter de 3 000 MW et donc parvenir aux 5,8 Mtep prévus.
Dernier point, les biocarburants sont à 2,5 Mtep fin 2009. Leur multiplication par quatre en seulement trois ans laisse penser, selon l’étude, qu’ils parviendront à tenir l’objectif 2020 de 4 Mtep (éthanol et biodiesel).
Vous souhaitez mettre en place un projet de pompes à chaleur géothermiques en collectif ou en tertiaire ? L’Ademe et le BRGM (Bureau géologique de recherches minières) proposent une formation dédiée aux maîtres d’ouvrage, architectes, hydrogéologues, ingénieurs, techniciens, et à tout acteur impliqué dans le développement de cette filière. Le but : savoir monter un projet, appréhender l’ensemble des solutions et leur évolution, notamment PAC et PAC géothermiques et intégrer le développement durable dans tous les aspects du montage de projet. Rappelons que la géothermie, énergie renouvelable, non polluante, locale et disponible à tout moment, est un élément incontournable du développement des EnR.
Du 16 au 18 février 2010 à Nantes.
Informations et inscription : www.ademe.fr/formation et inscription.formation@ademe.fr
1 500 € nets de taxes (formation éligible au titre du DIF).
Le rapport relatif à la précarité énergétique, commandé par Valérie Létard, secrétaire d’Etat chargée des Technologies vertes et des négociations sur le climat, vient de livrer ses conclusions. Des chiffres édifiants : 3,4 millions de ménages seraient concernés parmi lesquels 62 % sont propriétaires et 55 % ont plus de 60 ans. Sans oublier ceux qui ne chauffent plus ou peu : 300 000 ménages ont eu froid pour des raisons financières.
Rappelons que la précarité énergétique résulte de la combinaison de trois facteurs principaux : la faiblesse des revenus, la mauvaise qualité thermique des logements occupés et la difficulté de s’acquitter des factures énergie.
Cette précarité, qui touche d’abord le milieu rural et les petites agglomérations, fait l’objet d’un plan national de lutte de la part du gouvernement. Neuf mesures seront mises à l’étude dans les prochaines semaines. On y trouve entre autres un bouclier énergétique, sous forme de chèque énergie pour aider les ménages à faire face à leurs dépenses ou encore la mise en œuvre d’aides financières nouvelles pour agir durablement sur les logements.
Des mesures qui vont, elles aussi, dans le sens du Grenelle de l’environnement, dont deux mesures phares - l’éco prêt et l’éco prêt logement social - connaissent un véritable succès.
L’Afpa (Association pour la formation professionnelle des adultes) est le seul acteur de la formation professionnelle à offrir à ses stagiaires la possibilité de se former, dans les conditions d’un éco-village, aux métiers du bâtiment (gros œuvre et second œuvre). Cofinancé par le Conseil régional Languedoc-Roussillon, le Feder et l’Ademe, et soutenu par des partenaires du secteur, ce dispositif permet aux différents corps de métier une approche et une mise en œuvre communes pour la réalisation de bâtiments respectant les normes environnementales HQE, RT 2005, norme BBC et THP. En outre, sont planifiés pour les mois à venir un système de retraitement des eaux usées de chantier (récupération par pompe, bac de rétention, filtrage et évaporation) ou encore la gestion des déchets de chantier… Un apprentissage grandeur nature !
Afpa Languedoc-Roussillon, Tél. : 04 67 07 16 21.
Photosol, société spécialisée dans la création d’installations photovoltaïques au sol ou en toiture, annonce la création d’une centrale photovoltaïque dans le Lot. D’une puissance prévue de 10,5 MWc, soit l’équivalent de l’électricité consommée par plus de 5 000 foyers, sa production, réinjectée dans le réseau EDF, devrait permettre d’économiser 1 300 tonnes de CO2 chaque année.
Particularité de cette centrale : son financement. En effet, elle va permettre à des souscripteurs (toute personne physique redevable de l’impôt sur le revenu) d’investir dans le projet et ainsi de participer à la croissance d’un secteur en fort développement. Un investissement qui permet de réduire son impôt sur le revenu de 25 % des montants investis, tout en profitant de la rentabilité et de la sécurité des projets photovoltaïques !
Toute l’information sur : www.photosol-invest.fr

Dernière mise à jour le 18 mars 2010
L'éolien en France, un vent proteur pour l'emploi et la formation.
Forte d’un taux de croissance annuel de plus de 25 % dans le monde, la filière éolienne a déjà créé plusieurs centaines de milliers d’emplois à l’échelle internationale. L’industrie éolienne emploie aujourd’hui 154 000 personnes en Europe dont 85 000 en Allemagne et 40 000 en Espagne. A ce titre, elle est, en Europe, la première EnR créatrice d’emplois à égalité avec la biomasse. Le huitième bilan Eurobserv’Er qualifie ce résultat d’impressionnant pour une filière qui, il y a vingt ans, en était à ses premiers stades de développement. Selon l’étude « Wind at work » publiée en 2009 par l’association européenne pour l’énergie éolienne (EWEA), celle-ci a généré 33 emplois par jour durantles cinq dernières années. Ce rapport précise qu’en Europe, les fabricants d’éoliennes représentent 37 % des emplois directs du secteur, suivis des fabricants de composants (22 %), des développeurs de projets (16 %) et des opérateurs d’installation et de maintenance (11 %). Considérée comme le deuxième plus important gisement éolien européen, la France rattrape son retard : elle est désormais le quatrième marché du continent et le septième mondial. Le marché intérieur de la filière a connu une progression de 40 % en 2008 et de 9 % en 2009 (avec 1 350 MW supplémentaires installés). La filière se développe de manière importante, malgré l’incertitude législative et réglementaire nationale (les parcs éoliens devraient être bientôt des ICPE) et le contexte de crise économique mondiale. A l’heure actuelle, plusieurs unités de construction de mâts, de pales et autres gros composants, prévoient de s’installer à court et moyen terme. D’ici 2020, si le rythme de développement prévu par le Grenelle est respecté, ce sont près de 60 000 emplois directs et indirects qui se créeront en France. Aussi, de nouveaux métiers et des formations adaptées à la filière émergent-ils. L’offre de formation connaît de ce fait un nouveau développement afin d’assurer le décollage de cette industrie et de répondre à ses multiples spécificités.
Par Claire Janis-Mazarguil
EnR et sols pollués : la convergence.
Tout comme pour les biocarburants de première génération, la question du conflit d’usage pour les terres agricoles a pris de l’ampleur pour le développement de centrales photovoltaïques au sol ou de biomasses énergétiques. Bien que la mobilisation de terres agricoles dans ce domaine reste toute relative (les objectifs de 5 GW de Grenelle représenteraient 15 000 ha maximum), les développeurs sont très attentifs au choix du terrain, soit en optant pour des terrains agricoles moins fertiles, aux terres épuisées ou trop proches de nappes phréatiques sensibles, soit en se tournant vers des terrains sans autre usage possible, parfois appelés « sites ultimes ».
Corinne Lepage
Avocate, ancien ministre de l’Environnement, présidente de Cap 21 et première vice-présidente de la Commission environnement du Parlement européen, Corinne Lepage revient pour Actions EnR sur trois grands sujets : l’après-Copenhague, la taxe carbone et l’avenir des EnR en France.